Fiche Action

Soutenir le développement de l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique
- Résumé
- L’Alliance pour refonder la Gouvernance en Afrique est un acteur reconnu en Afrique Occidentale comme par la coopération internationale. Son extension à d’autres régions d’Afrique et la traduction des principes qu’elle promeut, forment le nouvel enjeu.
- Synthèse
- L’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique est une initiative née en 1999 de la rencontre de personnes et institutions africaines et non africaines qui partageaient la conviction :
– que la gouvernance actuelle en Afrique, telle qu’elle est héritée de la colonisation et de ses évolutions depuis les indépendances, n’est ni adaptée aux sociétés africaines qui ne s’y reconnaissent pas, ni adaptée aux défis que doivent relever ces sociétés au 21ème siècle ;
– que chaque société est appelée à inventer des modalités concrètes de gouvernance correspondant à son histoire, ses valeurs, sa culture et sa manière de voir le monde ;
– que les initiatives nombreuses visant à faire évoluer la gouvernance en Afrique pêchent par leur cloisonnement, leur absence d’enracinement profond dans la société.
Forte de cette conviction, l’Alliance veut contribuer à l’émergence d’un projet de gouvernance en Afrique par un processus collectif se nourrissant des expériences et des innovations des différents acteurs sociaux et à toutes les échelles, du local au mondial.
Elle le fait en animant des espaces de dialogue et de réflexion à différentes échelles, en élaborant des propositions et en promouvant des stratégies de changement. Ce processus de longue haleine implique à la fois d’être à l’écoute des innovations qui naissent un peu partout sur le continent et de les documenter dans un site web de référence, de faire une analyse critique de la gouvernance actuelle, y compris la gouvernance de l’aide, de s’allier à d’autres pour mettre en avant des concepts nouveaux, comme l’Alliance l’a fait à partir de 2005 avec l’Union africaine et avec l’Institut de recherche et de débat sur la gouvernance (IRG) en mettant en avant le concept de gouvernance légitime, de faire des propositions nouvelles, par exemple sur les Constitutions et sur le pluralisme juridique, à travers des groupes d’initiatives. Certains groupes d’initiatives, sur la décentralisation et la développement local, sur la culture et le pluralisme juridique, ont déjà abouti à des propositions. En 2010-2011, l’Alliance approfondira sa réflexion sur les politiques économiques en particulier autour de trois questions : le mode d’exploitation des ressources naturelles ; les politiques agricoles ; le développement économique local. - Voir l'historique
- L’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA) a déjà une longue histoire. Elle est partie de réflexions menées au milieu des années 90 par la fondation avec ses partenaires africains. Elle a pris en 1999 la forme d’un Comité d’initiative africain, animé par Ousmane Sy, à l’époque Ministre de l’Administration Territoriale et Collectivités locales. L’initiative a donné naissance à un réseau de travail structuré dans dix pays africains francophones. Ce réseau a su acclimater avec succès les outils et méthodes de travail collectif à distance de la fondation. Il a assis sur une large collecte d’expériences et sur un dialogue entre milieux professionnels une réflexion qui a débouché sur l’énoncé de principes fondamentaux pour la gouvernance en Afrique. Ces principes ont été publiés en 2003, dans la brochure : « changer l’Afrique, 15 propositions pour commencer » . Cette brochure a rencontré un vif succès et a donné une première crédibilité au réseau, ce qui a permis de transformer progressivement un réseau d’individus et d’experts en une alliance d’acteurs.
En 2005, deux évènements ont contribué à un changement d’échelle du processus. D’abord la nomination d’Ousmane Sy comme lauréat du prix Roi Baudouin, nomination attachée aussi bien au rôle qu’il a joué au Mali qu’à son leadership dans l’Alliance, ce qui a donné une notoriété panafricaine plus large à la dynamique. Ensuite le partenariat esquissé avec l’Union Africaine, matérialisé par l’organisation du forum africain sur la gouvernance à Addis Abeba, a donné à l’Alliance une visibilité institutionnelle et une dimension panafricaine.
En 2007, avec l’élection d’Ousmane Sy comme président de l’Institut Africain de Gouvernance, un nouvel espace de coopération entre l’ARGA et les institutions africaines (notamment l’Union Africaine) et internationales (notamment le PNUD) est désormais possible.
Un partenariat avec l’Institut de Recherche et de débats sur la Gouvernance (IRG) s’est noué à l’occasion de l’organisation du Colloque « Entre tradition et modernité, quelle gouvernance pour l’Afrique ». Ce colloque a coïncidé avec le lancement du groupe d’initiative sur le pluralisme juridique. Un deuxième colloque qui se tiendra en 2008 en Afrique du Sud.
2007 a aussi été marqué par la mise en place d’un conseil de l’Alliance, constitué d’autres personnalités africaines comme l’ex Président de Guinée Bissau, M. Henriqué Rosa, ce qui devrait permettre d’asseoir la crédibilité de l’Alliance au-delà de la seule personne d’Ousmane Sy.
En 2008-2009, l’animation de l’Alliance est devenue plus collective, la relève d’Ousmane Sy se préparant progressivement. Au Mali le forum multiacteurs sur la gouvernance, appuyé par l’Ambassade de France et animé au plan méthodologique par l’Alliance, a acquis une forte crédibilité et devient le prototype d’une nouvelle modalité d’action de l’Alliance à l’échelle nationale. De même, l’Assemblée malienne de citoyens, inspirée des méthodes développées par la fph dans le cadre de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire pourrait devenir le prototype d’une démarche nouvelle d’élaboration des projets politiques. Le site web a été entièrement reconfiguré, en partenariat avec Exemole, et mérite le nom de « site de référence ». La tournée interafricaine organisée avec l’IRG sur la légitimité de la gouvernance a permis de sortir d’Afrique de l’Ouest. Les propositions mises en avant par l’Alliance trouvent un écho sérieux dans différents pays. En janvier 2009 le Conseil d’orientation de l’Alliance s’est réuni à Yaoundé et a précisé la stratégie pour les prochaines années, mettant en particulier l’accent sur les publications et leur diffusion.




